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 laisse tomber les filles. (amari)

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million eyes
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MessageSujet: laisse tomber les filles. (amari)   Mer 21 Juin - 10:51

« J'veux des cheveux avec pleins de trous dedans, être une éponge qui efface toute les traces. »

Comme si demain, baby pop, au petit matin, baby pop, tu devais mourir.


18 Juin 2017, Galway
L'alcool qui fait grincer tes dents, te fait perdre la tête. Tu te laisses prendre par la délicieuse torture, breuvage tiède qui semble plus faire effet. T'as oublié les mouchoirs et le mascara qui coule, t'as oublié ton rôle de demoiselle attristée, et t'as repris l'instinct d'une bête qui a besoin d'oublier. On y croit pas vraiment quand on voit ta silhouette endormie, ton regard désemparé, on y pense même pas que dans ce petit corps se cache toute cette brutalité, toute cette rage à cracher. Et Snow Patrol dans la tête, pour te rabaisser six pieds sous terre. T'as envie de pleurer, de t'engouffrer dans ta tristesse, d'accepter ce petit bout inqualifiable qui te rend hystérique et qui est coincé dans ta poitrine, ce petit morceau de vie qui t'empêche de respirer sans t'étouffer, ce petit Isaac qui te reste là, bloqué dans le corps comme une maladie. Heureusement, il y a l'alcool qui parcourt ta gorge, et fait glisser l'virus. Ca te fait croire qu'il a disparu, mais il s'est juste enfoui plus loin, sous une veine ou une artère, dans le flot de sang qui t'habite. Donc il n'y a que toi, Snow Patrol, et l'alcool. Bon début pour une soirée qui se finira le visage calé contre l'oreiller, à ruminer contre le monde entier. T'as erré quelques minutes avant de te retrouver dans ce bar illuminé. Quelques ombres, des silhouettes, des rires, odeur de sueur, parfum d'alcool, le tout s'emmêle naturellement. Toi, ta chevelure rousse nouée en une queue de cheval imparfaite, tes doigts qui jouent et caressent le verre, source de tes ennuis, et tes lèvres maquillées qui se collent à la paroi transparente pour s'imbiber du whisky frais. Schéma de vie dystopique, schéma de vie auquel tu t'es habitué, schéma de vie dans lequel tu te confortes, schéma de vie agréable et douloureux, schéma de vie qui te dérange pas vraiment alors qu'il est si alarmant. Et personne pour te tenir l'avant-bras, t'empêcher de boire ce verre de trop, te tourner vers la sortie et t'aider à trouver un avenir qui a de l'espoir. Non, toi, ton corps qui obéit à tes impulsions, ta tête qui explose, et ton issue de secours introuvable.

Suicide social, deux hommes qui discutent, et tes pas qui résonnent, ton coude qui s'empare du coin de table libre, ton sourire qui s'invite. Tu les déranges, visiblement, rien à foutre. Ce soir, tu dois oublier hier, demain, tu oublieras la veille. Ainsi, est la vie. Cruelle, et vicieuse. Le premier qui te fait face est légèrement barbu, yeux vairons, air bourru. Le deuxième, un style plus doux, un regard brillant, une moue bienveillante. Les deux, gênés par tes cuisses qui s'affalent sur leur bout de canapé. Tu sirotes ton verre, tu ries, tu te moques, tu les nargues gentiment, tu les provoques, tu les découvres, et au matin, tu les oublies. Tu sais pas encore lequel choisir. Enfin si, y a bien une personne sur cette Terre que t'as choisi. Mais tout de suite, quand on est décidé à faire le bon choix, ça devient plus compliqué. Salope de vie. Un paquet de cigarettes qui leur appartient trône en évidence, tu prends même pas la peine de demander, les hommes te refusent rien. Pourtant, quand tu coinces le tube de nicotine entre tes lèvres, des sourcils se froncent. Le premier homme qui te semblait déjà foncièrement râleur s'empare de son paquet et te foudroie du regard.

"Je crois pas avoir donné la permission, miss. Maintenant, tu peux filer? J'aimerais passer un moment tranquille avec mon ami., t'esclaffes d'un rire gras, qui sonne vrai mais qui t'est faux, alcool qui ment, alcool qui te gouverne, tu réfléchis plus, tu laisses la haine se répandre. Alors que tu tiens fébrilement entre indexe et majeur ton trophée, t'hésites.
- Connerie, je sais que tu veux de moi. Ils veulent tous de moi. Viens, on va se fumer cette clope dehors, tu rejoindras ton pote plus tard, chaton.", mot tendre que tu déverses sans la moindre délicatesse.

C'est à ce moment là que les mecs t'enlacent, te tiennent par la hanche en pensant mener la danse, ils te font boire un verre de plus, et il y a toujours un endroit pour accueillir deux âmes égarées. Mais cette fois non, il ne se lève pas. Et ses prunelles s'accompagnent d'une expression qui s'endurcit.

"J'ai dit non. J'aimerais être seul avec mon copain., copain, mot que tu te répètes sans comprendre. Putain. Si, t'as compris. Il a pas le droit, il a pas le droit de trouver l'amour ailleurs que dans tes bras. Il doit t'aimer là où Isaac l'a pas fait. Il doit te faire oublier les yeux bleus dont tu rêves, nuit et jour. Il doit te faire oublier le pourquoi de tout ça, il doit t'emmener loin de ce bar, et loin de toutes les boutiques d'ameublement suédoises, il doit t'emmener dans son lit pour la nuit. Et ça, il peut pas car il a quelqu'un d'autre. Rancune, honte, sentiment de solitude, tu vas gueuler. T'as besoin de gueuler, de cracher ton venin un peu partout. Personne a le droit de dire non, à part Isaac.
- Espèce de PD, t'as pas le droit. T'as pas le droit de dire non, je te demande juste cette nuit. Et puis tu sais quoi? Va te faire enculer, ouais. Tu mérites rien de mieux que ça, bouffon!"

Son copain au visage de chien battu baisse la tête. Il serre la main de son partenaire, et tous deux glissent hors de la banquette pour s'échapper loin de cette folle. Tu perds la voix, à force de crier. Finalement, tu te relèves. Tout n'est pas perdu, les quelques regards bouleversés ne t'atteignent plus. Tu cherches juste une autre proie, et la voilà toute prête, toute belle, toute fraîche, à attendre que tes griffes s'apposent sur son torse. Un homme ordinaire, au rictus charismatique, tu t'approches en roulant des hanches, et enfin, tu t'assieds à la chaise qui lui fait face, vide. Tu bats des cils, et tu te penches pour dévoiler un décolleté, t'es peu fière de ce que tu fais, mais tu le fais pour oublier. C'est pas ta faute, pas vraiment. Alors, en arquant un sourcil, tu entames;

"Bonsoir, je m'appelle Charlie. Je peux vous payer un verre, monsieur..?"

Tu laisses la phrase en suspens, tu te fais désirer en attendant le point final.

 

crackle bones
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laisse tomber les filles. (amari)

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